Kathleen : de responsable RH à céramiste, oser choisir sa propre voie

Et si le plus difficile dans une reconversion n’était pas de changer de métier mais de s’autoriser, enfin, à choisir sa propre voie ? Kathleen, elle, n’a pas vraiment choisi au départ. Attirée très tôt par l’art, on ne lui laisse pourtant pas explorer ce domaine pour lequel elle est douée. Elle met alors de côté ce qui la passionne et s’oriente vers un métier plus sécurisant, plus attendu.

Son parcours se construit ainsi, étape après étape, dans quelque chose de cohérent. Mais derrière tout cela, il y a aussi des événements de vie, des épreuves, un rapport à elle-même qui se fragilise, et cette sensation persistante de ne jamais être à sa place. Jusqu’au moment où elle réalise qu’elle ne veut plus passer à côté de sa vie.

Quand une vocation artistique ne peut pas s’exprimer

Certaines vocations se révèlent très tôt, presque comme une évidence. Chez Kathleen, l’attirance pour l’art s’est manifestée dès l’enfance. Elle passait des heures à imaginer des vêtements pour ses poupées, à les changer, les assembler. À l’époque, elle affirmait déjà vouloir devenir styliste.

Elle dessinait aussi. Des dessins portés par la spontanéité de l’enfance, mais traversés par un regard déjà presque adulte. Pourtant à la maison, l’art n’est pas une évidence. Ce n’est ni un univers familier, ni un domaine valorisé. Ses parents, et en particulier son père, y sont peu sensibles.

Alors, elle apprend en autodidacte et malgré ses facilités et son envie, sa pratique devient peu à peu hésitante et fragile. Elle commence un dessin, puis s’interrompt. Reprend, puis abandonne. Très tôt, un doute s’installe : ce qu’elle fait n’est jamais assez bien.

S’orienter sans pouvoir décider pour soi

Au lycée, les choix commencent à se préciser. Ou plutôt, à se restreindre. Kathleen aurait aimé s’orienter vers une option en arts appliqués. Mais, une fois encore, la décision ne lui appartient pas complètement. Son père préfère qu’elle reste dans une voie générale, jugée plus rassurante.

Derrière ce refus, il y a aussi le propre parcours de son père : une exigence académique forte, et la conviction qu’il faut viser l’excellence dans un domaine concret. Mais ce cadre, aussi sécurisant soit-il en apparence, laisse peu d’espace à ce qui, chez Kathleen, cherche encore à exister.

À ce moment-là, pourtant, il n’y a pas de révolte. Pas de remise en question. Lorsque je lui demande aujourd’hui comment elle vivait ces décisions, elle répond simplement : Je ne me posais pas vraiment la question. Pour moi, la figure d’autorité avait raison. Et je sais aussi que mon père faisait ce qu’il pensait être le mieux pour moi.

Alors elle avance, comme on attend d’elle, là où on lui dit d’aller. Après son bac, elle s’oriente vers un DUT en gestion des entreprises, avec une spécialisation en ressources humaines, un choix qui, cette fois, lui correspond autrement. En effet, malgré sa grande timidité, Kathleen est attirée par le rapport aux autres, par les dimensions humaines et émotionnelles du lien. Alors, s’engager dans les ressources humaines fait sens.

Sa créativité continue de s’exprimer discrètement. Elle dessine encore, par moments, et s’essaie à quelques loisirs créatifs. Des gestes simples qui lui permettent de rester connectée à ce qui compte pour elle, bien qu’ils ne lui semblent jamais suffisamment aboutis.

Un drame de vie qui vient tout faire basculer

Il y a des moments qui marquent une vie, et dont on sait qu’ils nous transformeront pour toujours. À 18 ans, Kathleen perd sa mère. Un événement brutal, qui bouleverse bien plus que son quotidien.

Elle en vient à comprendre que sa mère portait en elle beaucoup de souffrance. Une tristesse profonde, liée à son histoire, à ses choix, à tout ce qu’elle n’avait pas pu vivre.

Plus tard, Kathleen fera un lien. Sa mère aussi avait un talent pour le dessin. Elle aussi avait été freinée. Elle aussi avait mis de côté une part d’elle-même. Cela résonne comme un écho : elle ne veut pas reproduire ce schéma-là, ni passer à côté de sa vie.

Réussir professionnellement sans se sentir à sa place

Sur le plan professionnel, Kathleen s’engage. Pendant ses études, qu’elle poursuit jusqu’à un master spécialisé en ressources humaines, elle choisit l’alternance. Une immersion directe dans le monde du travail qui, malgré sa timidité toujours présente, va lui permettre de se confronter aux autres et de trouver progressivement sa posture.

Elle évolue dans des environnements structurés et exigeants, notamment au sein de grands groupes où elle occupe différents postes : recrutement, formation, accompagnement des équipes. Elle devient progressivement responsable RH de proximité, au contact direct des managers et des salariés. Un rôle qu’elle apprécie particulièrement pour sa proximité avec le terrain et la possibilité d’avoir un impact concret.

Au fil des années, elle gagne en légitimité. Elle maîtrise ses sujets, développe une vraie expertise, même si, intérieurement, le manque de confiance reste présent. Se vendre, passer des entretiens, même en interne, se projeter dans de nouveaux postes reste un exercice difficile. Pourtant, son entourage professionnel croit en elle, la soutient, l’encourage à évoluer.

« J’essayais de ne pas trop réfléchir pour oser. Je me disais : « Ne subis pas ta vie, même si tu as peur, vas-y ». »

Elle prend petit à petit de nouvelles responsabilités et s’implique dans des transformations internes importantes, où les enjeux humains sont centraux. C’est dans ce contexte qu’elle découvre un domaine qui va particulièrement la marquer : la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC). Une approche plus stratégique, qui lui permet d’anticiper, de structurer, de donner du sens aux évolutions professionnelles.

Et pourtant, même si elle exerce un métier où elle est performante, elle se rend compte qu’elle n’incarne pas ses valeurs au quotidien. Comme si ce qu’elle faisait avait du sens sans être pleinement le sien. Elle sait qu’elle n’est toujours pas à sa juste place. D’ailleurs, lorsqu’elle est amenée à se rendre dans les ateliers, au contact des équipes opérationnelles, quelque chose de différent résonne en elle. L’univers de la production, les matières, les gestes, les savoir-faire… tout lui parle très fort, beaucoup plus fort.

Commencer à envisager une nouvelle voie

Dans cette même période, sa vie personnelle évolue également. Elle devient maman. Un moment qui vient, lui aussi, soulever beaucoup de questions. Le lien à sa propre histoire, à sa mère, à ce passage de petite fille à femme.

Puis vient la séparation avec son compagnon. Elle entame alors un travail d’introspection pour comprendre, apaiser et mettre du sens sur ce qu’elle a vécu.

C’est à ce moment-là qu’une de ses cousines revient dans sa vie. Elle aussi est en train de se reconstruire. Elles traversent des choses proches, avec le même besoin de comprendre et de redéfinir leur trajectoire. Ensemble, elles s’essaient à l’ébénisterie, à la photographie, au yoga. Autant de manières de remettre les mains, le corps et l’esprit en mouvement. Elles se soutiennent et quand l’une doute, l’autre est là. Cette présence devient un pilier.

Kathleen découvre alors la céramique. D’abord comme une expérience parmi d’autres. Puis, très vite, comme une évidence. Le contact avec la matière, les gestes, la transformation : tout résonne en elle. Elle comprend qu’il n’y a pas qu’une seule manière de créer. Qu’il est possible d’imaginer, de façonner, d’expérimenter, de donner vie à des objets à la fois porteurs de sens et d’usage. Quelque chose est en train de se passer.

Elle s’inscrit à des cours réguliers et, très vite, l’idée d’une reconversion émerge. Elle se renseigne et explore les possibles. Peu à peu, elle entrevoit qu’elle peut en faire un métier, une activité viable. Et surtout, elle réalise que tous les chemins empruntés jusque-là semblent converger dans cette direction.

« J’avais toujours ce petit truc en tête qu’il fallait que je choisisse ma vie à un moment donné. Je savais que je ne resterais pas dans les RH. Je refusais qu’on continue de tracer mon chemin à ma place. »

Prendre le temps de construire la suite

Puis vient une période particulière : le Covid. Un temps suspendu qui bouscule les repères, casse les rythmes habituels et ralentit ce qui semblait jusque-là impossible à arrêter.

Pour Kathleen, ce moment agit comme un révélateur. Habituée à avancer dans une forme d’exigence constante, à vouloir bien faire et à répondre aux attentes, elle se retrouve confrontée à un rythme plus lent.

Elle dispose de plus de temps pour elle et commence à structurer les choses. Elle contacte des écoles et mène des enquêtes métier. Fidèle à elle-même, elle n’avance pas à l’aveugle. Elle prend le temps de tout préparer, étape par étape, et anticipe des plans A, B, C, D.

En parallèle, elle sent qu’elle arrive au bout d’un chapitre professionnel. Elle aime encore son métier, ce qu’elle y a construit, les relations nouées, les compétences acquises. Mais quelque chose a changé. L’élan n’est plus le même.

Kathleen prend donc le temps de préparer son départ et d’organiser une transition qui lui ressemble. Au moment de partir, il y a un énorme pincement. Presque vingt ans de sa vie qu’elle laisse derrière elle. Cet environnement stable, sécurisant, avec ses habitudes, ses repères, mais aussi ses doutes et ses incertitudes. Cette fois pourtant, elle ne veut plus opposer sécurité et envie. Elle emprunte enfin la voie qu’elle a choisie.

Se confronter à la réalité d’une reconversion

En septembre 2022, Kathleen intègre une formation en CAP tournage céramique, avec une spécialisation dans l’animation d’ateliers. Son projet devient une réalité.

Entrer en formation marque un nouveau départ. Kathleen est heureuse : enfin, elle va pouvoir passer ses journées les mains dans la terre à apprendre et à expérimenter.

Mais très vite la réalité du métier la rattrape. La céramique, c’est aussi un travail physique et exigeant. On porte, on manipule, on répète les gestes. Le corps est sollicité, parfois même mis à l’épreuve. Elle qui avait l’habitude d’un environnement de bureau découvre un quotidien très différent où on est souvent “sale” et où il faut accepter de ne plus être toujours apprêtée, toujours “présentable” comme avant. Kathleen se retrouve également confrontée à une difficulté importante : depuis toujours, elle a appris à reproduire mais ici, il ne s’agit pas seulement d’exécuter, il faut créer. Et face à cela, le doute revient, presque intact.

Autour d’elle, certains élèves viennent d’univers artistiques. Ils ont les codes, le vocabulaire, une culture qu’elle n’a pas. Elle observe, se compare, se met une pression importante jusqu’à ne plus réussir à lâcher prise. Comme si cette reconversion, qu’elle avait tant désirée, venait réveiller des blessures anciennes.

Kathleen réalise qu’elle est en train de retomber dans ce qu’elle a toujours connu : le doute et la remise en question permanente, l’impression de ne jamais être assez. Sauf que cette fois, elle ne veut plus de ça.

« Je me suis dit : « Tu as ta sensibilité, assume-la. Tu verras. Tu feras les choses avec ce que tu as. Mes parents n’avaient pas cette culture artistique… et alors ? ». »

Et alors. Elle n’a pas le même parcours, pas les mêmes codes, pas les mêmes références. Mais elle a son histoire et son regard. À partir de là, quelque chose se débloque. Vraiment. Elle arrête de vouloir faire “comme il faut”. Elle accepte de faire avec ce qu’elle est, avec ce qu’elle a construit, avec ses forces et ses fragilités. Elle se reconnecte à ce rêve, presque oublié, de petite fille qui se voyait déjà dans un atelier. Et peu à peu, les choses s’apaisent. Elle progresse, prend confiance et trouve sa manière de faire.

La formation reste exigeante. Le corps doit s’adapter, apprendre, encaisser. Elle se blesse, parfois. Elle doute encore mais ce n’est plus la même chose. Et lorsqu’elle obtient son CAP, ce n’est pas seulement une validation académique, c’est la preuve qu’elle peut. La preuve qu’elle est à sa place.

Se lancer dans l’entrepreneuriat

Après la formation, après les doutes, après les prises de conscience, vient l’un des moments les plus forts dans la reconversion de Kathleen, celui où le projet doit prendre une forme encore plus concrète : créer son entreprise.

Comme elle le décrit en rigolant :

« C’est comme le permis. Techniquement, tu sais conduire… mais après, il faut rouler. »

Et rouler, ce n’est plus la même chose. Fraichement diplômée, elle endosse maintenant une nouvelle casquette : celle d’entrepreneure. Et avec ça, une réalité aussi excitante que vertigineuse. Il faut :

  • choisir un statut juridique,
  • comprendre des documents administratifs,
  • monter son business model,
  • trouver un local pour son atelier,
  • rechercher des financements,
  • définir une stratégie,
  • se créer une identité de communication.

Et puis il faut aussi faire des choix. Pas des choix “confortables” mais prendre de vraies décisions, celles qui engagent. Celles qui n’ont pas toujours de bonne ou de mauvaise réponse. Et surtout, celles que l’on doit prendre seule. Même bien entourée, même soutenue, il y a ce moment où personne ne peut décider à sa place. Et c’est peut-être là l’un des plus grands défis pour Kathleen : prendre des décisions pour son activité, pour sa vie. Avancer sans avoir toutes les garanties.

Après plusieurs semaines de recherches infructueuses, Kathleen décide d’aller visiter un local alors même qu’elle est convaincue qu’elle ne donnera pas suite. Sur le papier, rien ne correspond à ce qu’elle recherche. Le loyer est trop élevé, l’emplacement ne correspond pas à ses critères. Mais dès qu’elle entre, c’est le coup de cœur. Un ressenti immédiat. Elle se projette, elle voit ce qu’elle pourrait en faire. Là où elle imaginait au départ un petit atelier pour donner des cours, elle se projette finalement dans un lieu plus ouvert, qui permettrait à la fois d’accueillir des élèves, mais aussi des amateurs souhaitant pratiquer en autonomie tout en étant accompagnés. Elle y voit également un espace pouvant s’ouvrir aux entreprises, notamment à travers des ateliers de team building et des temps collectifs. Alors elle revoit son modèle et s’autorise à envisager un projet différent.

Quelques semaines plus tard, Kathleen récupère les clés et, en entrant dans les lieux, elle s’assoit par terre : “Ça y est, j’y suis”. Version K. Céramiques est officiellement lancée. L’aventure avait déjà commencé depuis un moment mais ce jour-là marque autre chose, un nouveau chapitre, et elle en est profondément émue. Elle prend le temps de s’imprégner du lieu, de ressentir son énergie. “C’est mon lieu”.

Pendant les travaux, elle y retourne régulièrement, juste pour être là, pour se projeter. Puis, le rythme s’accélère rapidement : elle dispose d’un mois et demi pour tout réaliser, recevoir le matériel progressivement, s’organiser et communiquer sur l’ouverture prochaine de l’atelier. Étonnamment, elle ne ressent aucune fatigue, juste beaucoup de joie.

« J’avais l’impression qu’il faisait beau tous les jours ! »

L’ouverture de l’atelier, puis le quotidien

Le jour de l’ouverture arrive, avec l’accueil de sa première cliente. Kathleen se souvient encore de son prénom, Éloïse, comme d’un repère précieux. Elle se rappelle de ce premier passage de porte, de ce moment où tout devient réel. Puis viennent les premiers cours, dont ce premier cours du soir déjà complet. Très vite, une vraie connexion se crée avec les personnes qu’elle accueille. L’engouement est là, l’enthousiasme aussi. C’est le premier atelier de céramique à Clichy (92), et chacun semble prendre part, à sa manière, à quelque chose qui commence. D’ailleurs, beaucoup de celles et ceux qui étaient présents au début sont encore là aujourd’hui.

Comme dans tout démarrage, il y a aussi des ajustements à faire. Kathleen fait ses premières erreurs, notamment dans la gestion de son planning ou dans la manière de fixer ses prix. Au début, elle cherche à s’adapter à tout le monde, avant de comprendre que tout n’est pas possible. Elle revoit son organisation, ajuste ses offres, repense certaines activités trop chronophages. Cela lui demande de l’énergie, parfois du stress, mais elle avance en trouvant des solutions au fur et à mesure.

Elle s’entoure également d’une équipe, et choisit d’accueillir des stagiaires. Leur présence l’aide concrètement dans l’organisation de l’atelier comme dans le quotidien. Petit à petit, elle apprend aussi ce que signifie gérer une entreprise. Mettre en place des processus, structurer, organiser… des aspects qu’elle n’avait jamais expérimentés de cette manière dans les grands groupes.

Un autre équilibre reste cependant difficile à trouver. Kathleen réalise qu’elle passe beaucoup de temps à faire tourner l’atelier, à donner des cours, à gérer, mais qu’elle produit peu. Or, c’est aussi pour cela qu’elle s’est lancée. Elle cherche encore aujourd’hui à trouver son organisation entre ces différentes dimensions.

Dans le même temps, son rapport à la créativité a profondément évolué. Là où elle doutait sans cesse, elle se sent aujourd’hui très stimulée. Les idées sont nombreuses, parfois même trop. Elle manque de temps pour tout explorer, et la charge mentale est importante. Elle est constamment sollicitée, engagée sur plusieurs sujets à la fois.

Il y a aussi une forme de solitude. Celle que l’on retrouve souvent dans l’entrepreneuriat. Même bien entourée, certaines réalités sont difficiles à partager ou à faire comprendre.

Kathleen vit aujourd’hui une aventure qu’elle a choisie, qui lui ressemble. Une aventure riche, stimulante, mais qui demande aussi de s’ajuster en permanence.

Prendre conscience du chemin parcouru

Aujourd’hui, malgré les difficultés et un quotidien qui reste exigeant, Kathleen prend conscience du chemin parcouru. Elle me confie qu’elle a encore tendance, comme beaucoup lorsqu’on est plongé dedans au quotidien, à voir ce qui ne va pas, à regarder le verre à moitié vide. Et pourtant, lorsqu’elle prend un peu de recul, le constat est là.

Elle a monté un atelier. Son atelier.

Les personnes présentes dès le début sont toujours là. Elle transmet, elle accompagne, elle fait monter en compétence celles et ceux qui viennent apprendre auprès d’elle. Elle sensibilise à l’artisanat, elle crée du lien, elle a construit un lieu dans lequel les gens se sentent bien.

Et elle en est fière. Fière de son parcours, fière de ce qu’elle a osé faire, fière aussi d’affirmer aujourd’hui un univers qui lui ressemble.

Lorsque je lui demande quels conseils elle donnerait à celles et ceux qui n’osent pas se lancer, sa réponse est simple : “À partir du moment où l’on est porté par un sujet, il est possible de se reconvertir, de construire quelque chose de nouveau. Mais cela ne se fait pas sans réflexion. Il est important d’anticiper, notamment sur le plan financier, pour pouvoir faire face aux périodes d’incertitude. Avoir des solutions de repli, prévoir, sécuriser, permet de vivre cette transition de manière plus sereine. On ne peut pas tout contrôler, ni tout anticiper. Mais on peut se donner les moyens d’essayer”.

On pense souvent que tout commence par une décision nette. Un déclic. Un moment où tout bascule. Et pourtant, dans le parcours de Kathleen, comme dans celui de beaucoup d’autres, rien ne se passe ainsi. Tout se construit avec le temps.

Au fil des années, les expériences s’accumulent. Les rencontres aussi. Certaines personnes croisées sur notre chemin ouvrent des perspectives nouvelles, incarnent d’autres manières de vivre, de créer, de travailler. En parallèle, le quotidien et son lot de bonheurs et d’épreuves nous font grandir, nous amènent à réfléchir autrement. Et ce travail, plus discret, est tout aussi essentiel, même s’il se voit moins.

Peu à peu, on apprend à mieux se connaître. À faire des liens. À donner du sens. À faire des choix pour soi.

Alors non, tout ne bascule pas toujours du jour au lendemain. Mais, avec le recul, tout est souvent infiniment lié.